Faire silence pour entendre ce qui ne parle pas. Ralentir le regard, laisser les certitudes s’effacer, devenir attentif aux signes, aux présences, à ce qui affleure derrière le visible.
Atunned évoque cet état particulier : être accordé à ce qui nous entoure, trouver la bonne fréquence, celle qui ouvre un passage vers ce qui demeure habituellement imperceptible. Avoir le canal ouvert.
Le photographe doit lui aussi se rendre disponible. Ne plus seulement regarder, mais écouter. Accepter de ne pas tout comprendre. Se laisser traverser par ce qui est là, par ce qui apparaît, par ce qui peut-être ne se montre pas.
Les photographies réunies dans Atunned sont nées de cette recherche. Les Egungun, présences silencieuses des ancêtres, y côtoient les figures de Le Deuxième Monde et de Sirius, apparitions mises en scène à la lisière du réel, nourries des spiritualités et des imaginaires d’Afrique de l’Ouest.
Ici, les corps se transforment, les figures surgissent de l’ombre, les présences se révèlent. Le réel devient poreux. Il ne s’agit plus vraiment de savoir ce qui appartient au visible ou à l’invisible, au documentaire ou à la fiction.
Peut-être la photographie est-elle précisément cet endroit de passage.
Un espace où le temps s’arrête suffisamment longtemps pour laisser apparaître autre chose. Une surface sensible capable de retenir la trace d’une présence, d’un souffle, d’un monde que l’œil seul ne suffit pas à voir.
Faire taire le bruit.
Attendre.
S’accorder.
Et, dans le silence, chercher la fréquence où les mondes se rencontrent